Ifeelgoods ou la réinvention du cadeau Bonux pour le digital

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Un an tout juste après son lancement, cette startup compte parmi ses clients La Redoute, Renault, Coca-Cola, Walmart, Universal, Ipsos et même Charal. Mais que fait-elle ? « On remplace le cadeau Bonux par des biens numériques» c’est ainsi que Dimitri Ducourtieux, co-fondateur d’Ifeelgoods, présente son entreprise. Soutenu par IDinvest (ex AGF Private Equity), Jaïna Capital (le fond de Marc Simoncini) et par Kima Ventures (celui de Xavier Niel et Jérémie Berrebi), la startup serait ainsi valorisée à 21,5 millions de dollars ! Envie d’en savoir plus ? Suivez le guide.

Sommaire

Le pitch

En pratique, deux cas de figure

Quelles cibles pour les annonceurs ?

Des bases de données qualifiées

Réalisations

Combien ça coûte ? Pour quels marchands ? Quelle intégration ?

Pour conclure

Note : Bonux est une marque du groupe Procter and Gamble, sans rapport avec Ifeelgoods.

Le pitch

Les promotions sur internet se limitent en général à des baisses de prix. Pour Dimitri Ducourtieux cela réduit la marge, dévalorise le produit et ne différencie pas le marchand de ses concurrents. Dans le commerce « classique » – c’est-à-dire « offline » – les marques et distributeurs peuvent se battre sur le prix, mais peuvent également se différencier en associant au produit une prime. Les stations-services sont passées maîtres dans l’art de gérer ces cadeaux, souvent proposés en série afin de fidéliser les clients : série de BD Boule et Bill, volumes de Jules Verne, DVD… Ces cadeaux sont rarement proposés en e-commerce par manque de rentabilité : une industrie qui se différencie essentiellement par les prix peut difficilement se payer le luxe de grever ses frais de stockage, de manutention et surtout d’expédition.

Ifeelgoods propose aux marques de récompenser et fidéliser leurs clients en leur offrant des biens numériques, essentiellement au travers de Facebook Credits, mais il pourrait également s’agir d’e-magazine, de VOD, d’un morceau de musique, de crédit Skype ou de coupons. Les Facebook Credits, dont le coût est de 10 cents de dollars, permettent de proposer ce que Dimitri appelle de la « micro-incentive » : récompenses à faible coût, ils ne manquent pas pour autant de valeur pour les internautes. La monnaie de Facebook permet en effet d’acheter des items de jeux en ligne, de voter pour un candidat de télé réalité, d’acheter musique et VOD. En offrant des objets sociaux, Ifeelgoods joue sur la viralité et le goût de collection des internautes : « les gens sont prêts à tout pour avoir la dernière vache de jeu en ligne » nous dit ainsi Dimitri en référence à Farmville (pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas familier avec ce phénomène du « social gaming », nous reviendrons dessus plus loin dans cet article).

 

En pratique, deux cas de figure

Dans quel cadre et dans quel but les e-commerçants auront-ils recourt à ces primes ? Comme dans le monde réel, on pourra les retrouver sur un site e-marchand comme incitation à l’achat :

 

Mais ces biens virtuels peuvent également servir à créer une base de followers Twitter ou de fans Facebook, en conditionnant la récompense à un « follow » ou à une participation à une opération sur Facebook. Ifeelgoods revendique en moyenne une augmentation de plus de 40.000 fans / semaine avec une « fan gate » :

Cerise sur le gâteau, 60 à 70% des participants choisissent de partager l’opération avec leurs amis, ce qui garantit à de telles campagnes promotionnelles un fort potentiel viral. Jusqu’à 30% des conversions proviennent d’ailleurs de ces partages.

 

Quelles cibles pour les annonceurs ?

Le principal usage d’un Facebook Credit est le jeu social. Rappelons son principe : gratuit, il est cependant possible de l’enrichir en fonctionnalités moyennant finance. Par exemple un jeu de combat sur Facebook vous proposera d’augmenter les performances de votre personnage contre quelques Credits. Sur 26,4 millions de français utilisateurs des réseaux sociaux, 52% sont ainsi adeptes du jeu social.

Nous avons interrogé Guillaume Berthet, Marketing Manager chez Kobojo, leader hexagonal du « social gaming » sur Facebook et mobile. Kobojo est un peu le « Zynga français ». Ses succès s’appellent Goobox ou encore PyramidVille, totalisant à eux deux plus de 20 millions d’installations à travers le monde. Pour Guillaume les joueurs sont essentiellement des joueuses, 60% de l’audience totale. Ce sont des cibles très actives sur Facebook, efficaces en termes de bouche à oreille (on parle de viralité). Le cœur de cible de ces jeux est constitué d’internautes ayant entre 25 et 45 ans.

Les joueurs Facebook sont donc en adéquation avec la cible favorite des annonceurs : la ménagère de moins de 50 ans. Kobojo ne s’y est d’ailleurs pas trompé et propose du display sur sa plateforme de mini-jeux Goobox. Son dernier jeu PyramidVille se montre lui plus adapté pour du placement de produits.

 

Des bases de données qualifiées

Ifeelgoods constitue également un formidable moyen de créer une base de données client qualifiées. Prenons l’exemple d’une campagne sur Facebook. En échange de la prime, l’application peut vous demander de souscrire à la newsletter de la marque. Ifeelgoods n’acceptera que l’adresse correspondant exactement à celle utilisée par le compte Facebook, autrement dit celle que l’internaute consulte tous les jours. L’e-marchand sera ainsi sûr d’avoir un fichier d’adresses de qualité. Voici l’exemple de GAP :

 

Ifeelgoods a recours au même système avec les numéros de téléphone : pour vérifier qu’il s’agit du bon numéro un sms contenant un code d’activation est envoyé à l’internaute. Lors d’une campagne, la startup a ainsi réussi à récolter plus de 10 000 numéros en moins de 8 jours.

 

 

 

Réalisations

La plate-forme est désormais disponible en Anglais, Français, Allemand, Espagnol, Italien, Russe, Polonais, Suedois et Turque. Ifeelgoods compte aujourd’hui une cinquantaine de clients, 70% aux Etats-Unis, le reste en Europe. On y retrouve Gap, Walmart, General Electric, Auchan, Charal, Kiabi, Ipsos ou encore La Redoute qui fut le premier client européen de la startup. Voici quelques exemples de campagnes.

Pour Auchan, Ifeelgoods a mis en place une opération proposant 10 Facebook Credits aux internautes s’ils utilisaient leur application « Les 25 jours Auchan ». Cette campagne a généré 92% de partage. Elle a été prolongée sous une autre forme : 20 Facebook Credits contre tout achat sur le site.

Lors du lancement du film Tower Heist aux Etats-Unis, Universal a eu recours à Ifeelgoods pour sa campagne Facebook. Celle-ci consistait à offrir des Credits contre des actions sociales (clic sur un bouton Heist, invitation d’amis, partage de contenu). Plus d’un million de Credits a ainsi été écoulé en 1 mois.

Charal a mis en place un jeu interactif sur You Tube pour promouvoir son nouveau hamburger. Pour tout partage de la vidéo, Ifeelgoods permettait à l’internaute de gagner des Credits :

Un dernier chiffre : les pubs Facebook proposant des Credits doublent voir triplent le taux de clic.

Combien ça coûte ? Pour quels marchands ? Quelle intégration ?

Ifeelgoods se rémunère à la commission, le détail dépend de la mécanique utilisée. Il s’adresse plutôt aux grands comptes, à des marques fortes.

Une campagne d’acquisition de fans Facebook et de followers Twitter est très rapide à mettre en place, 5 minutes pour la partie technique hors créa. Pour une campagne d’incitation à l’achat l’intégration sur un site marchand est un peu plus longue mais prend généralement moins d’une demi-journée. Un dernier point : Ifeelgoods fonctionne aussi sur mobile.

 

Pour conclure

Contrairement au cadeau classique d’une boite de lessive, le Facebook Credits d’Ifeelgoods peut fournir des informations détaillées sur les clients : l’adresse mail qu’ils consultent tous les jours, leur numéro de téléphone, leurs goûts sur Facebook… Ifeelgoods serait ainsi tout aussi pertinent off line en permettant aux annonceurs de faire des économies en études. Ifeelgoods finira-t-elle par remplacer la prime à la station-service ?

Quelle sera la prochaine grosse évolution de Facebook ? Dimitri Ducourtieux pense à une généralisation des listes de souhait d’achat, qui prendrait la forme d’un bouton « Wish » Facebook, intégrable aux sites e-commerce. Compte tenu du flair de cet entrepreneur, gageons qu’il ne doit pas être loin de la vérité…

Article initialement publié sur lab.vente-privee.com .

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Passionné d'innovation, ex Natixis, Groupe La Poste et Lab vente-privee.com. Le Phare Digital est un blog personnel, mes opinions n'engagent bien évidemment que moi.

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