Smartsy : reconnaissance d’objets et génération de contenu digital

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Vous connaissez déjà surement les QR codes et autres codes-barres 2D utilisés sur certains produits alimentaires pour trouver des recettes, sur les abris bus pour connaitre les horaires de passage ou encore sur les publicités pour récupérer des offres promotionnelles. Le principe est toujours le même : on les photographie avec son smartphone pour accéder à un contenu multimédia. La startup que nous vous présentons aujourd’hui va plus loin puisqu’elle se passe de codes-barres. La technologie utilisée par Smartsy est en effet capable de reconnaitre des objets 2D et devrait bientôt faire de même avec des objets 3D.

 

En pratique

Prenons un magnifique pot géant de Nutella (piqué à une collègue car nous ne sommes pas gourmand 😉 ). Photographions-le de face avec l’application Smartsy (disponible pour iOS et Android):

Smartsy redirige alors l’utilisateur vers une « web app », un site adapté au mobile qui contient divers contenus relatifs à la marque :

  • Une vidéo d’accueil :

  • Des infos « diététiques » :

  • Une recette :

  • Une promotion :

Vous l’aurez compris, cette technologie de reconnaissance d’image constitue un moyen d’enrichir le produit de contenus digitaux, conçus ici par la marque avec la plateforme d’édition de Smartsy (que nous verrons juste après). J’ai volontairement pris l’exemple d’un produit de grande consommation mais Smartsy trouve un usage tout aussi pertinent dans d’autres industries. Ainsi les éditions JC Lattès ont fait appel à Smartsy pour le dernier livre de Delphine de Vigan :

En photographiant cette couverture, on accède ici encore à une web app. Au côté du traditionnel argumentaire de vente, on retrouve une critique vidéo, la biographie et l’actualité de l’auteur, des coupures de presse et des liens pour acheter l’ouvrage chez Amazon, la Fnac ou une librairie. Ce genre de contenu pourrait particulièrement intéresser les grandes surfaces dépourvues de libraires.

 

D’autres exemples de réalisations sont présentés sur le site américain de Smartsy, pour Yves Saint Laurent, Auchan ou encore HP. On photographie respectivement une affiche, une carte de fidélité ou un logo. Citons également Unilever avec lequel Smartsy travaille en Amérique latine, L’Oréal qui enrichi ainsi ses visuels dans les aéroports ou encore Volkswagen pour une campagne d’affichage.

 

De la 2D à la 3D

La reconnaissance d’image n’aurait pas fonctionné en prenant le pot de Nutella de profil. Smartsy reconnait aujourd’hui des objets « plats », en deux dimensions. Il est possible de photographier l’objet légèrement de côté, pas plus. D’après la startup la capacité à reconnaitre un objet dans ses trois dimensions – donc de profil – devrait arriver d’ici quelques mois. Il pourrait même être possible à l’avenir de photographier un sac à main au bras d’une femme dans la rue pour identifier sa marque.

Smartsy est encore inopérant pour un objet de profil.

 

Un éditeur de contenu

Smartsy a choisi de mettre sa technologie directement dans les mains des marques, pour leur communication. Ces dernières sont autonomes pour la fabrication de leur web app. La startup leur fournit un éditeur « WYSIWYG » permettant de créer leur application. Il se destine à des non techniciens. On pourrait tout à fait imaginer qu’une direction marketing bien formée réalise ses mini-sites de façon autonome.

Nous avons eu l’occasion de tester la bêta. Le résultat est prometteur mais la plateforme gagnerait à devenir plus intuitive ou à se doter d’une rubrique d’aide absente pour le moment. Une nouvelle version est en préparation.

 

Un peu de crowdsourcing ne peut pas faire de mal

L’un des objectifs de Smartsy est d’atteindre une masse critique d’objets référencés. Pour cela la startup compte aussi sur les particuliers, invités à créer leur propre contenu à l’aide de l’éditeur. Cette démarche de « crowdsourcing » ne devrait pas pour autant nuire aux web apps des marques qui seront toujours mises en avant devant les autres.

 

Business modèle

Smartsy facture de manière dégressive, selon le nombre d’objets référencés pour la reconnaissance d’image. Pour vous donner un ordre de grandeur, on trouve des prestations à 5000 euros environ pour un seul objet à référencer. Ce tarif décroit pour atteindre quelques euros par objet dans le cas de gros volumes. Smartsy touche une commission en cas de vente via l’application, mais là n’est pas le cœur du business modèle.

Pour les particuliers la solution est gratuite, vous pourrez ainsi référencer vous-même vos produits préférés.

 

Pour conclure : la pochette surprise digitale.

Photographier un produit reste plus intuitif que de scanner un QR Code. Il y a d’ailleurs une dimension ludique à « tester » les objets de son quotidien pour voir lequel est référencé et quelle est la nature du contenu digital qu’il « renferme ». Smartsy fait figure de ce point de vue de « pochette surprise digitale ».

Bien évidemment, pour que l’effet soit complet, il faut laisser le temps à la startup de référencer un certain nombre de produits. Lancée en février 2012, Smartsy est encore jeune mais ambitionne d’avoir en catalogue de 1 milliard de produits scannables d’ici l’année prochaine. Ceux-ci viendront des marques, des particuliers et de bases de données photos existantes. Smartsy a suffisamment d’ambition pour s’être lancé simultanément sur le marché français et le marché américain.

Certain ne manqueront pas de faire un parallèle avec « Google Googles » qui permet de retrouver un produit sur le web en le photographiant. Mais l’approche est différente. L’application développée par la firme de Mountain View renvoie vers le moteur de recherche, elle ne propose pas un contenu spécifiquement conçu par la marque pour le mobile, à la différence de Smartsy.

 

Article initialement publié sur lab.vente-privee.com .

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Passionné d'innovation, ex Natixis, Groupe La Poste et Lab vente-privee.com. Le Phare Digital est un blog personnel, mes opinions n'engagent bien évidemment que moi.

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