En exclusivité, un aperçu de Skerou : extraire les données des tickets de caisse

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Nous sommes allés faire un tour au Camping, un accélérateur de startups situé au cœur de l’ancienne Bourse de Paris, pour y rencontrer Skerou. Cette société se propose d’extraire les données de vos tickets de caisse en les photographiant avec votre téléphone portable. Je vous laisse imaginer la valeur que peuvent revêtir des informations sur vos habitudes de consommation dans l’ensemble des magasins que vous fréquentez. Créé il y a un an, Skerou devrait ouvrir son service dans le courant du mois de mai.

Il y existe plusieurs façons d’aborder Skerou : du point de vue du consommateur, des marques ou des distributeurs. Mais si je devais résumer la philosophie de l’entreprise, je dirais qu’il s’agit d’un échange vertueux de données qui bénéficie à chacun de ces protagonistes.

 

Des services pour le consommateur, un moyen d’acquisition et de fidélisation pour les marques

Skerou est d’abord né du constat que les consommateurs ne gardaient pas de traces de leurs achats. Et même s’ils le faisaient, la masse de données ainsi récoltée serait-elle gérable sans technologie ? Comme nous le rappelait Grégory Thurin, fondateur de Skerou, 50 articles sont achetés en moyenne par semaine et par foyer.

Avec Skerou le consommateur photographie son ticket de caisse sur son smartphone. Skerou reconnait les différents libellés et leur prix, puis les associe à un produit. La liste d’achats ainsi obtenue va servir à différents services.

Le plus intéressant me semble être la mise en relation entre les marques et le consommateur, pour proposer à ce dernier des réductions hyper ciblées (car établies sur la base de ses achats). Si les cartes de fidélité renseignent déjà sur les habitudes de consommation, elles ne le font pas de manière transversale sur l’ensemble des enseignes fréquentées. « Ce qui compte pour nous c’est l’individu et pas l’acheteur dans un magasin » nous explique ainsi Grégory Thurin. Semblables à du couponing, ces réductions prennent la forme d’un remboursement post achat : quand un article en promo est détecté dans le ticket de caisse, le compte de l’utilisateur est automatiquement crédité.
Avec Skerou les marques peuvent ainsi lancer des campagnes de fidélisation ou d’acquisition : on sait si un individu a déjà acheté, quelle est sa fréquence d’achat, quelles sont ses habitudes, ses lieux privilégiés de consommation en fonction de la nature des produits achetés… Cette vision globale me semble être un plus par rapport à d’autres acteurs tels que Shopmium.

Comme le rappelle le fondateur de Skerou, sa startup ne vise pas uniquement les « promophiles » c’est un outil qui permet de récupérer les données de consommation pour le consommateur, la promotion n’étant que l’un de ses aspects. Ainsi Skerou vous propose de vous assister dans la gestion de votre liste de courses. Vous pouvez la construire à partir des produits que vous avez l’habitude d’acheter, des promotions du moment ou d’une ballade dans des rayons virtuels. A terme l’application intègrera un service plus complet capable de détecter qu’un produit va venir à manquer (ex. : « vous allez être à court de moutarde »). Une fonction du suivi du budget par poste de consommation devrait également faire son apparition.

Et les distributeurs ?

Ce service devrait intéresser les distributeurs qui connaitront ainsi les habitudes de consommation de leurs prospects ou clients chez les enseignes concurrentes. Voilà qui pourrait également fournir un service de suivi des prix extrêmement précis. Aujourd’hui ces observations sont réalisées à la main par des enquêteurs (comme pour ce service proposé par Leclerc), un travail fastidieux !

 

Business model

Vous l’aurez compris Skerou est basé sur un modèle « BtoBtoC » qui propose aux marques ou aux distributeurs un accès privilégié au consommateur. D’ailleurs la startup recherche en ce moment des partenaires prêts à proposer les premières promotions lors du lancement. A moyen terme la startup devrait se tourner vers une rémunération à la performance en fonction de l’objectif de la marque (fidéliser, acquérir ou encore faire du volume…).

 

Côté techno : une phase d’apprentissage pour l’ensemble de la communauté

Nous avons pu assister à une démo de l’application encore en phase de rodage. Je ne me prononcerai donc pas pour le moment sur la durée de traitement d’un ticket, sachez seulement que lors de la démo celle-ci n’était pas « instantanée », mais qui s’en soucie ?

Si Skerou rencontre pour la première fois un produit sur un ticket de caisse, le consommateur est invité à scanner son code barre, ce qui permet à Skerou de « lier » la ligne du ticket de caisse au produit une fois pour toute. Cette phase d’apprentissage bénéficiera à l’ensemble de la communauté des utilisateurs de Skerou et devrait être, en pratique, assez courte.

 

Conclusion

Skerou apporte des services aux consommateurs. Les marques et les distributeurs s’y retrouvent en ayant un accès privilégié à ces prospects et à leurs habitudes de consommation, avec une granularité rarement atteinte. L’avenir de Skerou dépendra donc de la pertinence de ses services au consommateur, de sa capacité à donner du sens à leurs données et de son habilité à commercialiser ces datas sans heurter la vie privée de ses utilisateurs. Souhaitons leur bonne chance pour leur lancement en mai.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quelle utilisation feriez-vous de ces informations de consommation ?

Illustration de couverture : Receipt for the banana /functoruser/Flickr/CC BY-SA 2.0

Article initialement publié sur lab.vente-privee.com .

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Passionné d'innovation, ex Natixis, Groupe La Poste et Lab vente-privee.com. Le Phare Digital est un blog personnel, mes opinions n'engagent bien évidemment que moi.

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