Ils font bouger l’e-commerce #1 – Yokoro

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L’e-commerce ce n’est pas qu’un ensemble de bonnes pratiques ou d’innovations dans le tunnel de commande. Ce sont aussi des entrepreneurs qui renouvellent le genre, à leur façon. L’e-commerce représente encore moins de 5% des ventes de détail en France. Et il ne s’agit là que du détail. C’est dire si le potentiel de croissance du secteur reste énorme. On se prend parfois à rêver d’avoir son cordonnier en ligne, d’y commander sa baguette de pain frais ou de réserver son coiffeur d’un clic. L’objet de cette rubrique est de mettre en valeur les acteurs qui, à leur façon, repoussent les frontières du e-commerce.

Merci à Joan Larroumec, co-fondateur de Yokoro, de s’être prêté au jeu de nos questions.

Sommaire

Le pitch

En pratique

Business model et vision

Quelles offres de service se démarquent?

Pour conclure

Le pitch

Vous connaissez tous ces petites annonces déposées sur le bord des comptoirs de boulangerie, accrochées sur les gouttières ou épinglées à l’entrée des mairies. « Cours d’anglais », « Baby sitting », «Guitare pour débutant ». Pour ceux qui les déposent, c’est une gageure que de chasser les clients. Du côté de la demande en « services à la personne », il est pour ainsi dire impossible d’avoir une vision globale de l’offre et surtout de ses références. Car le nerf de la guerre est bien là : comment qualifier les petites annonces ? Confieriez-vous votre enfant à un inconnu qui sème son numéro sur les murs de Paris ?

Yokoro est une plateforme de mise en relation de l’offre et de la demande en matière de services à la personne, un peu à la façon d’un eBay mais sans les enchères. On y retrouve les notations des internautes qui ont tant fait pour l’adoption du commerce CtoC. Ouvert en novembre 2010 après un an de développement, Yokoro s’adresse aux particuliers et aux agences spécialisées (ménage, dépendance, soutien scolaire…).

 

En pratique

L’interface de Yokoro est très bien conçue. L’internaute peut naviguer parmi les catégories de services ou effectuer une recherche classique, par mots clefs. Sa position géographique est déterminée automatiquement via son adresse IP, les résultats de recherche sont ainsi géolocalisés sur une carte. De petites bulles permettent de consulter d’un coup d’œil le profil synthétisé des différents apporteurs de services, notamment leurs tarifs. Des fiches détaillées permettent d’en savoir plus sur leur CV et leurs disponibilités. Les mises en relation avec les apporteurs de services s’effectuent directement via un formulaire de contact, mais leurs noms de famille sont masqués. Yokoro les incite à donner le maximum d’informations : un smiley virant du rouge au vert indique le degré de collaboration de chaque individu à la vie du site.

Ces données demeurent purement déclaratives et les notations des internautes manquent encore à l’appel, jeunesse du site oblige. Mais Yokoro n’a pas vocation à remplacer le travail des agences de services à la personne, qui certifient le profil de leurs collaborateurs ou jouent, au moins, un rôle de caution. Au contraire, Yokoro veut être un apporteur d’affaire pour ces professionnels. Bien sûr on aimerait que soient proposés d’avantage de recoupements avec des informations déjà existantes sur internet, comme les profils LinkedIn et leurs recommandations. Peut-être pour une future V2 du site ?

Celui-ci revendique déjà 6000 individus offrant un peu plus de 40 000 services. Entre 50 et 100 mises en relation seraient effectuées chaque jour à Paris.

 

Business model et vision

Yokoro est gratuit pour les particuliers, payant pour les agences de services à la personne (abonnement mensuel).

Nous avons posé à Joan Larroumec notre question récurrente : comment compte-t-il changer le monde (celui du e-commerce et celui de tous les jours) ? Aucune hésitation chez ce HEC multi-entrepreneur. En permettant à chacun de mettre ses compétences au service de la communauté, il souhaite améliorer et étendre le champ d’action des services à la personne et, ainsi, recréer du lien social et du lien intergénérationnel. Cette démarche n’est pas sans rappeler celle d’un autre multi-entrepreneur du web, Nathan Stern, avec son site Peuplade . Celui-ci « favorise la mise en relation et le rapprochement entre voisins par le biais d’échanges de services et de partage d’informations sur le quartier ».

Yokoro est en recherche de fonds pour un premier tour de table. Avis aux capitaux risqueurs et autres business angels!

 

Quelles offres de service se démarquent ?

Nous avons demandé à Joan Larroumec quelles offres se distinguent sur Yokoro. Les services à la famille (baby-sitting, soutien scolaire…) constituent selon-lui le point fort du site. Il semble qu’il y ait également un certain engouement pour les lectures destinées aux malvoyants. Les étudiants étrangers sont très sollicités, notamment pour des cours de cuisine étrangère. On s’aperçoit que l’individu et ses compétences finissent par l’emporter sur le service qu’il propose.

 

Pour conclure

La valeur ajoutée dans l’économie française des services à la personne devrait représenter 17,3 milliards d’euros en 2011, soit près de 1% de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie. En 2010 2 millions de personnes ont travaillé au moins une heure dans ce secteur, pour un nombre équivalent de particuliers employeurs (ce chiffre ne tient évidemment pas compte du travail au noir) (source). La demande en services à la personne ne peut qu’augmenter au fur et à mesure que nos ainés vont rentrer dans ce qu’il convient désormais d’appeler le 4ème âge.

En permettant à l’offre de rencontrer la demande, Internet peut non seulement libérer tout un pan de l’économie mais également recréer ces liens sociaux et intergénérationnels qui nous font défaut aujourd’hui. Encore un paradoxe d’un monde pas si « virtuel »…

 

Article initialement publié sur lab.vente-privee.com .

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Passionné d'innovation, ex Natixis, Groupe La Poste et Lab vente-privee.com. Le Phare Digital est un blog personnel, mes opinions n'engagent bien évidemment que moi.

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